Le football, c'est d'un ennui

Je ne suis pas un fan de football. Je crois ne l'avoir jamais été, même si j'ai pu m'enthousiasmer, plus jeune, pour les exploits de l'équipe de France. Au football, je préfère, de loin, le hockey sur glace ou le basketball, sports beaucoup plus dynamiques, tout peut basculer en une fraction de seconde.
Je ne prétends pas être un expert de ce sport, mais je vais exposer dans ce petit billet ce que je changerais (si on m'en donnait le pouvoir, chose qu'on ne fera pas, je vous rassure) pour rendre ce sport, le plus populaire en France, beaucoup plus attrayant. 

Du hors-jeu...


Quand un amateur de soccer parle de son sport favori, il essaie généralement de convaincre un auditoire que c'est le plus beau des sports, le plus spectaculaire aussi. Si son public n'est pas assidu, il tentera aussi de lui en expliquer les règles, a fortiori si tout ce beau monde regarde un match. Il passera alors en revue la touche, le corner, le pénalty, etc. avant d'arriver au fameux hors-jeu ! En vain, et à chaque fois que la situation se présentera, il justifiera (ou non) la décision de l'arbitre de touche. "Et le hors-jeu là !" criera-t-il parfois s'offusquant que l'officiel n'est pas voulu réagir alors que clairement il y en avait un (ou pas). Enfin, on ne sait pas vraiment. D'autant que la vidéo, on n'en veut pas.

Voici tout le paradoxe : les règles du football sont d'un autre temps. Elles n'ont pas évolué depuis des années, hormis quelques ajustements. La non-compréhension du hors-jeu par un non-initié en est une parfaite illustration. Si on ne la comprend pas, c'est tout simplement, parce qu'elle n'est pas claire. Et si elle n'est pas claire, il faut donc la changer. En hockey (oui, je vais beaucoup en parler), la glace est séparée en trois parties : une zone de défense, une zone neutre et une zone d'attaque. Le hors-jeu intervient quand un joueur entre dans sa zone d'attaque avant le palet. Simple, clair et efficace. Aucune contestation n'est dès lors possible. Fini, la ligne de joueurs qui bouge (un peu trop) pour provoquer délibérément ces situations et empêcher toute action d'envergure vers le but.

Dès lors, pourquoi ne pas transposer ce qui existe en hockey ? Séparons le terrain en trois parties et laissons l'arbitre de touche observer qui entre en premier du joueur ou du ballon. 

...à tout le reste !


Et je ne compte pas m'arrêter là ! J'ai toujours trouvé navrant qu'un match se termine sur le score de 0-0 (quel autre sport nous réserve cela ?). Et peut-être encore plus navrant, les gens qui disent après que "c'était un beau match quand même !" Non, ça ne pouvait pas en être un ! Pas avec un score vierge.

Pour remettre un peu de spectacle dans le foot, il faut lui donner du dynamisme, de l'entrain et inciter les joueurs à aller vers l'avant à provoquer de l'action. Je propose donc, pêle-mêle :
-  de pouvoir changer autant de joueurs que l'on veut sur le terrain. Pourquoi, ne pas changer des lignes entières (défenseurs, milieux, attaquants) le temps qu'elles récupèrent ? Moins de fatigue devrait donner plus de mouvement.
- de découper autrement le temps de match. Au lieu de deux grandes périodes de 45 minutes, pourquoi ne pas proposer trois périodes de 30 minutes avec une pause de 15 minutes ? Ou même plus audacieux, des quarts-temps de 20 minutes [1]...
- de changer le système de fautes. Je pense qu'on pourrait le remplacer par des pénalités (oui, comme en hockey), en mettant sur la touche pendant une durée de 4 ou 5 minutes le joueur fautif, donnant ainsi un avantage numérique temporaire à l'équipe lésée. On pourrait même imaginer une gradation des pénalités pouvant aller jusqu'à une punition de 20 minutes voire à l'expulsion définitive du terrain.
- de généraliser le principe du pénalty. Pourquoi ne réserver le pénalty qu'aux fautes dans la surface de réparation ? Il pourrait être intéressant d'offrir une compensation sous cette faute pour n'importe quelle faute grave commise sur l'ensemble du terrain. Le joueur ayant commis la faute serait également passible d'une pénalités.
- de créer de nouvelles fautes. Est-il normal que des joueurs se passent le ballon en défense pendant de longues secondes ? Il serait pertinent d'infliger des pénalités collectives si les joueurs ne font pas progresser le ballon vers l'avant. Il n'est pas normal de faire tourner le chrono de la sorte surtout si on est devant au score.
- de jouer les touches au pied. Ça s'appelle du football après tout.
- de supprimer les arrêts de jeu. Le chronomètre devrait s'arrêter à chaque coup de sifflet de l'arbitre et se remettre à décompter le temps quand le jeu reprend.
- de diminuer le nombre de joueurs pendant les prolongations (on pourrait imaginer du 9 contre 9 par exemple). Moins de joueurs sur le terrain, signifie plus d'espace et donc des occasions de marquer des buts plus nombreuses.
- d'introduire l'arbitrage vidéo. Cette aide est indispensable et permettrait de trancher certaines situations (notamment de hors-jeu ou bien les fautes grossières). On pourrait aussi imaginer un système challenge pour l'entraîneur qui pourrait y avoir recours une à deux fois par match.
- d'avoir trois arbitres de champ au lieu d'un seul. Etant donné la grandeur du terrain, ce ne serait pas du luxe. Une seule personne ne peut pas tout surveiller. Un des trois arbitres pourrait être le référent et ce serait lui annoncerait les décisions en concertation avec les autres y compris ceux de la touche.
- de pouvoir sortir le gardien en fin de match pour engager un joueur de champ à la place quand vous êtes menés au score... Et pourquoi pas ? Ça donnerait des fins de jeu excitantes !

Voilà en substance les quelques règles que je changerais pour rendre le jeu plus intéressant et plus spectaculaire aussi. D'autre part, je crois que le football a besoin d'une refonte de ces institutions et du format de ces compétitions. 

Vers un nouveau championnat européen


Ce n'est une surprise pour personne, le football européen est le plus admiré et le plus regardé dans le monde. Les plus grands joueurs de la planète évoluent dans les clubs situés en Italie, en Espagne, en Angleterre, en Allemagne, en France, etc. Pourquoi, alors, ne pas imaginer un grand championnat européen, réunissant les meilleures équipes du continent ? Les équipes de niveau inférieur resteraient quant à elles dans les championnats nationaux avec éventuellement un droit de monter dans l'élite si leurs résultats le leur permettent.

Ce super championnat s'organiserait d'août à avril pour une saison dite régulière à laquelle succéderait une période de séries éliminatoires réservées aux 8 meilleures, par exemple. Du spectacle toute l'année ! Et d'une autre envergure que la Ligue 1 ! Qui ne rêverait pas d'avoir toutes les semaines des Chelsea-Barça ou du Bayen Munich-Real Madrid ? La finale des séries éliminatoires se jouerait au meilleur des trois matches, rendant obsolète cette idée mal née du score à domicile qui n'aurait pas le même poids que le score à l'extérieur...

Cependant et afin que ce championnat soit viable et équilibré, il conviendrait d'y instaurer un fair-play financier déjà existant outre-Atlantique sous la forme d'un "salary cap" [2]. Cette règle permettrait d'éviter qu'une seule équipe ne monopolise tous les bons joueurs, introduisant ainsi une répartition à peu près équitable des forces footballistiques sur le continent. Le système de pénalités qui existent déjà serait renforcer obligeant les équipes ayant une masse salariale trop importante à libérer des joueurs pour d'autres formations. L'idée est là encore de rendre ce sport plus attrayant car quoi qu'on puisse en dire, il reste désespéramment ennuyeux pour le quidam lambda. Ce qui peut expliquer pourquoi il ne perce pas dans des pays où des sports plus spectaculaires existent.

Je sais que beaucoup m'objecteront que ces propositions sont folles et faites par un non-spécialiste (ce que je suis), mais l'objectif de ce billet est d'ouvrir le débat de la rénovation du football. De faire bouger les lignes (oui, c'est un mauvais jeu de mots), de faire évoluer les mentalités et surtout pour qu'on ne puisse plus désigner un championnat de quelque chose par une simple séance de tirs au buts consécutifs à 120 minutes de néant total [3].

---
[1] Je sais que 4 fois 20, ça ne fait que 80 minutes...
[2] Oui, je sais que cette régulation n'est pas très libérale... Mais bon, ça marche.
[3] Le lecteur voudra bien m'excuser pour le style et l'aurtografe approximatif. J'ai écrit ce billet en seulement 1h. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire