Cup Song

L'année dernière, la chanteuse et actrice américaine Anna Kendrick [1] sortait une chanson Cups (Pitch Perfect's "When I'm gone"). A cet occasion, un clip a été réalisé, mettant en scène une chorégraphie avec un simple gobelet en plastique et quelques "claps" dans les mains.
Le clip original d'Anna Kendrick (via Vevo)

Ce ballet des mains a depuis été repris un peu partout dans le monde par des groupes toujours plus grands, attirant un nombre de spectateurs toujours plus nombreux. Je vous en propose ici deux exemples, celui du collège Saint-Bernard de Drudmondville au Québec et celui du collège Bégon de Blois en France.
Cup Song du collège Saint-Bernard de Drudmonville

Cup Song du collège Bégon de Blois

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[1] Rendue célèbre par la série de films Twilight. Les cinéphiles lui préféreront sa performance dans Up in the Air.

La fable des trois enveloppes

Ça y est [1]. Enfin la cérémonie d'investiture tant attendue. Il avait rêvé de ce jour depuis tellement longtemps. Son prédécesseur, qu'il a battu aux élections dix jours plus tôt vient l'accueillir sous le doux soleil de mai. après une poignée de mains franche et souriante devant les photographes, les deux hommes que tout oppose s'engouffre dans le palais présidentiel afin de rejoindre le bureau du chef de l'état.

Après les informations d'usage sur l'état du pays, le président déchu, remet trois enveloppes numérotées à son successeur en lui disant la chose suivante : "Tu vois si tu dois faire face à une crise majeure, tu trouveras une solution dans la première enveloppe et ainsi de suite". Acquiesçant d'un regard distrait, ce dernier prend les enveloppes et les range dans la poche intérieure de sa veste. De toute façon pense-t-il, son programme est infaillible et plaît à une majorité de la population puisqu'il a été élu. Quant à celle qui n'est pas d'accord, il s'agira de la convaincre. Raccompagnant son adversaire, le nouveau chef de l'état, oublie vite cette histoire et entreprend de former son gouvernement.

Près d'un an plus tard, malgré les différentes lois votées par le nouveau Parlement pour améliorer la situation économique de la nation - chômage et croissance sont en berne - rien ne semble aller mieux, provoquant la colère générale de la population. Des grèves des fonctionnaires et transports arrivent même à en paralyser le pays. Désemparé, le président ne sait vraiment que faire. Il se souvient alors des fameuses enveloppes. Retournant les tiroirs de son bureau, il finit par mettre la main dessus et décide de décacheter la première. Il en sort un papier sur lequel est inscrit ces quelques mots : "Dîtes que c'est de la faute de votre prédécesseur". Aussitôt après avoir lu le message, les lunettes fichées sur son nez, il décroche son téléphone et interpelle son chef de cabinet lui demandant de convoquer une intervention télévisée pour la semaine suivante. Multipliant les signes de bonne foi - feinte - le président réussit tant bien que mal à apaiser les esprits échauffés par des semaines de crise, et comme par miracle, la situation semble se décanter d'elle-même : les grèves cessent et quelques statistiques semblent montrer des signes encourageants, quant à la santé économique du pays.

Bon an, mal an, tout reprend son cours jusqu'à ce que la crise redouble de violence sur le pauvre pays. Une nouvelle fois, des mouvements sociaux se déclenchent unanimement sur tout le territoire. Voyant l'entreprise mal engagée, le chef de l'état use de la deuxième enveloppe dans laquelle il découvre cette phrase : "Mettez tout sur le dos de la conjoncture économique mondiale". Se remémorant alors le mémo de son zélé ministre de l'économie et des finances sur la croissance de quelques nations équivalentes, il conclut que cette annonce pourrait le tirer - encore une fois - de ce mauvais pas. Appelant son nouveau directeur de cabinet - l'ancien est tombé pour fraude fiscale - il décide de programmer une interview avec des journalistes des principales chaînes télévisées. Comme lors de la précédente crise nationale, cette intervention permet d'arrondir les angles. Bien évidemment, il s'est engagé sur des réformes qu'il ne pourra tenir et sur des promesses à dormir debout, mais notre président garde bon espoir que la situation s'améliorera d'elle-même sans qu'il est trop à intervenir. Après tout, c'est déjà arrivé par le passé que l'inaction soit efficace.

Des mois passent encore. L’environnement s'est encore dégradé à tel point que la population après moins de deux ans d'exercice de l'actuelle majorité réclame, tour à tour remaniements ministériels, dissolution ou démissions, suivant l'humeur du jour. Un vrai casse-tête insoluble. N'ayant plus aucune idée décente à vendre au pays, le président se rabat vers la dernière carte qu'il lui reste encore dans son jeu : l'ultime enveloppe. Fébrile, il attrape le précieux joker qui lui avait permis, par deux fois déjà,  d'extirper le pays de la paralysie politique. Ouvrant l'enveloppe, il s’étouffe presque en lisant la sentence écrite : "Préparez trois enveloppes". Acculé, sans autre alternative, le président se résigne à exécuter l'ordre qui lui est donné par le fantôme de son prédécesseur et attrape trois enveloppes qu'il commence à numéroter de sa meilleure écriture.

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[1] Toute ressemblance avec une situation passée ou présente est purement fortuite et parfaitement involontaire de la part de l'auteur. Bonne lecture.

Les livres dans l'eau

L'histoire de France a été parsemée de dirigeants avec de grands projets, de grands travaux. A l'époque où il entamait son deuxième mandat, François Mitterrand, conseillé par Jacques Attali, a l'idée d'édifier une nouvelle bibliothèque. Le 14 juillet 1988, il annonçait "la construction et l'aménagement de l'une ou de la plus grande et la plus moderne bibliothèque du monde. [Elle] devra couvrir tous les champs de la connaissance, être à la disposition de tous, utiliser les technologies les plus modernes de transmission de données, pouvoir être consultée à distance et entrer en relation avec d'autres bibliothèques européennes" [1].

Ce nouveau bâtiment devait pouvoir regrouper de nombreux ouvrages et laisser dans le marbre le nom de son instigateur pour les décennies - voire les siècles - à venir. Une manière pour lui de passer à la postérité. Achevée en 1994, la nouvelle bibliothèque est constituée de quatre ailes en formes de livres ouverts [2], tout du moins tel était la vision de son architecte à l'origine. Aujourd'hui, la Bibliothèque nationale de France (ou BnF) conserve 12 millions d'imprimés (livres, cartes,...).

Depuis son ouverture au public, l'édifice a multiplié les problèmes (informatique défectueuse, architecture inadaptée aux besoins). De nombreuses voix se sont d'ailleurs élevées contre le projet tant pendant sa construction qu'après. Le dernier incident en date a consisté en l'inondation d'une partie des réserves de la bibliothèque, endommageant entre 10 et 12 000 livres, reproductions de manuscrits des XIX, XX et XXIème siècles [3]. Une nouvelle fois, l'administration de Bibliothèque et les syndicats se rejettent la faute. Les premiers disent que des défauts de construction sont à l'origine de l'inondation ; les seconds que le manque de moyens n'autorisent pas les travaux de maintenance nécessaires.

Quoi qu'il en soit, le dirigisme affiché par le ministère de la culture et l'Elysée - du moins à l'époque de François Mitterrand - ont abouti à un projet bancal. Encore une exemple s'il en est besoin des défauts de l'étatisation du domaine culturel, soumis à d'obscurs impératifs politiques et budgétaires, qui au final sont payés par le contribuable et l’utilisateur des lieux.

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[1] Citation reprise de Wikipédia. Elle provient de l'ouvrage de Bruno Blasselle et Jacqueline Melet-Sanson, intitulé La Bibliothèque nationale de France : mémoire de l'avenir.
[2] Nommées Tour des Temps, Tour des Lois, Tour des Nombres et Tour des Lettres.
[3] Article du journal Le Figaro à retrouver à ce lien.

Liberté d'expression

Deux phrases de membres du gouvernement ont retenu mon attention, depuis quelques semaines, parmi le brouhaha médiatique, que nous avons traversé.

La première est l'oeuvre de Manuel Valls, et a été prononcée au début du mois de décembre alors que le ministre de l’intérieur annonçait vouloir lutter contre le recrutement par Internet de jeunes djihadistes à destination de la Syrie notamment. Il proclamait alors [1] : "Nous devons neutraliser le cyberespace et sur ce point, les Américains posent un problème à cause de leur premier amendement qui défend la liberté d'expression" [2]. Mais il semblerait que cette phrase ne soit pas la première du genre de M. Valls puisque voici environ un an, à propos de la teneur de certains messages publiés sur Twitter, le locataire de la place Beauvau avait déclaré regretter la "segmentation des régimes juridiques [qui] procure une certains impunité" de leurs auteurs. Avant d'ajouter : "L'Europe doit s’imposer et convaincre les Etats-Unis qu'il faut concilier liberté d'expression et sécurité" [3]. Non content de piétiner l'un des fondements de notre état de droits, notre zélé ministre semble aussi vouloir imposer son point de vue aux autres pays du monde, notamment aux Etats-Unis qui, il est vrai, ont sacralisé la liberté d'expression.

Quant à la deuxième sentence, elle est à mettre à l'actif de Najat Vallaud-Belkacem, collègue de Manuel Valls et porte-parole du gouvernement. Au cours d'une conférence de presse dans la journée de dimanche, on a pu l'entendre dire ceci : "C'est une bonne chose d'encadrer la liberté d'expression pour éviter qu'elle ne porte atteinte à autrui" [4]. Encore une fois, personne ne paraît choquer devant de telles déclarations, surtout quand elles viennent d'un ministre de la république. On ne sera donc pas étonner, par la suite, que certains pays se moquent de nos leçons de morale sur les droits de l'homme [5].

A la vue de ces déclarations et à la lumière des offensives répétées de l'exécutif contre la liberté d'expression [6], l'inquiétude semble s'installer tous les jours un peu plus dans les epsrits. Quelle sera donc la prochaine étape du gouvernement ? Jusqu'où cela peut-il aller ?

Alors que la France est pointée du doigt comme l'un des pays qui restreint le plus cette liberté fondamentale, nous rappellerons que voici presque trois ans, Reporters Sans Frontières, estimait que notre pays était classé au même rang que la Corée du Sud, la Libye ou encore la Russie dans le domaine. Sombre présage qui semble se confirmer de jour en jour.

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[1] Information relayée par le journal québécois La Presse et disponible à ce lien.
[2] Le premier amendement de la Constitution américaine (un des dix proclamés par la Bill of Rights) déclare la chose suivante : "Congress shall make no law respecting an establishment of religion, or prohibiting the free exercise thereof; or abridging the freedom of speech or of the press; or the right of the people peaceably to assemble, and to petition the Government for a redress of grievances". En français, on peut le traduire de la manière suivante : "Le Congrès ne fera aucune loi pour conférer un statut institutionnel à une religion, (aucune loi) qui interdise le libre exercice d'une religion, (aucune loi) qui restreigne la liberté d'expression, ni la liberté de la presse, ni le droit des citoyens de se réunir pacifiquement et d'adresser à l'État des pétitions pour obtenir réparation de torts subis (sans risque de punition ou de représailles)". Autrement dit, le Congrès (c'est-à-dire le Parlement américain), ne peut pas restreindre - entre autre - la liberté d'expression. L'article et sa traduction proviennent du site Wikipédia.
[3] Cette phrase a été relayée par le site en ligne Numerama dans un article disponible à ce lien.
[4] La déclaration de la ministre du droit des femmes est à retrouver sur le site du journal Le Figaro à ce lien.
[5] Chine et Russie en tête.
[6] Rappelons-nous à cette occasion du vote par le Parlement français de l'article 20 (anciennement 13) de la Loi de Programmation Militaire, votée en décembre.

Concurrence déloyale, suite

Les velléités de Canal+ à l'encontre de BeIN Sports pour la diffusion de certains sports a connu mercredi une nouvelle péripétie. Je ne l'évoquais pas dans mon précédent article, mais la Ligue Nationale de Rugby (LNR) a récemment lancé un appel d'offres pour la diffusion des matches du Top 14, le championnat qui regroupe les meilleurs clubs français.

Fin décembre, à la suite de cet appel, Canal+ avait décidé d'attaquer en justice la LNR arguant que cette dernière ne jouait pas franc jeu lors des négociations [1]. Alors que l'attribution des droits de diffusion du championnat pour la période 2014-2018 devait être connu le 13 janvier 2014, la LNR a décidé, en réponse à l'assignation de Canal+, de suspendre mercredi dernier l'appel d'offres [2]. Pour le comité directeur de la Ligue Nationale, cette action en justice est son fondement. Les modalités d'un nouvel appel d'offres devrait être publiées prochainement par la LNR.

Prenant connaissance de cette affaire, le directeur général de la chaîne qatarie - qui cherche à récupérer les droits de diffusion de la Ligue 1 de football - a réagi sévèrement hier, mettant directement en cause Canal+, qui, selon lui, ne veut que protéger "sa position monopolistique", faisant ainsi écho aux propos de Frédéric Thiriez, le président de la LFP. Compte tenu des méthodes employées par la chaîne française, BeIN Sports n'hésitera pas à aller devant "les autorités françaises de la concurrence pour demander que les conditions d'une juste compétition soient respectées" [3]. 

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[1] L'article, publié dans le journal L'Equipe le 20 décembre 2013, est à consulter ici.
[2] L'article, publié dans le journal L'Equipe le 10 et 11 janvier 2014, est à consulter ici.
[3] Propos publiés initialement par le journal Le Figaro et rapportés par le quotidien L'Equipe. Ils sont disponibles à ce lien.

S'il te plait, dessine-moi un dragon

Sophie est une petite fille habitant Brisbane en Australie. Encore dans le monde imaginaire et innocent propre aux enfants de son âge, Sophie voulait un dragon. Tenace et conseillée par son père, elle a écrit une lettre au CSIRO (Commonwealth Scientific and Industrial Research Organization), une centre de recherche australien basé à Melbourne. S'adressant à la communauté scientifique du laboratoire, elle leur demandait de lui envoyer un dragon, promettant de s'en occuper après l'école.

Ému par le lettre de la fillette, les scientifiques se sont excusés de ne pouvoir accéder à sa demande avant de décider de faire un geste envers elle en lui fabriquant un dragon miniature en titane à partir d'une image de "Toothless", l'un des personnages du film de Dreamworks "How to train your dragon" sorti en 2010 [1]. Pour arriver au résultat, le laboratoire a utilise le procédé de l'impression 3D [2].

Nul doute que la jeune Sophie gardera cet objet précieusement en se souvenant avec émotion de cet épisode de sa vie.

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[1] En France, le film est connu sous le simple nom de "Dragons" et le personnage de "Toothless", littéralement "Sans Dent" est appelé "Krokmou".
[2] La lettre de Sophie ainsi que des photos du dragon sont disponibles à ce lien.

Concurrence déloyale

Canal+ et le football, c'est une histoire ancienne. La chaîne cryptée, possède en effet les droits de diffusion pour la diffusion des matches de Ligue 1 du championnat de France de football depuis pas mal d'années. Elle fut aussi propriétaire du club du Paris Saint-Germain entre 1991 et 2006, connaissant tantôt la gloire, tantôt la désillusion, sans pour autant en faire un club de football capable de rivaliser avec les meilleures structures européennes [1].

On se rappelle qu'il y a une dizaine d'années, Canal+ était opposée au groupe TPS - Télévision par Satellite - pour l'obtention de ces droits. Cette société, fondée par une association entre M6, TF1 ou encore France Télévisions essaya par tous les moyens de mettre fin à l'hégémonie de Canal+ pour la diffusion des matches de Ligue 1. En décembre 2004, au moment d'un nouvel appel d'offre, TPS proposa presque 400 millions d'euros par an pour avoir l'exclusivité [2]. Défié, le groupe Canal mettra 600 millions d'euros sur la table pour contrer cette offre et conserver la diffusion de l'élite du football français. A cette époque, les analystes pensaient que cette opération pourrait affaiblir le groupe. En effet, Canal avait littéralement cassé sa tirelire puisque cette somme représentait près de 50% de son chiffre d'affaire [3]. Une véritable fortune.

Quelques mois plus tard, la hache de guerre fut définitivement enterrée entre les deux groupes de télévision : TPS par Canal+. Dès lors, le groupe ne fut plus vraiment inquiété en l'absence totale de concurrence de taille. Enfin jusqu'à la récente offensive de BeIN Sports sur le secteur : ce bouquet de chaînes offre une diffusion de sports plus complète que Canal+ notamment en ce qui concerne les championnats étrangers.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette chaîne, BeIN Sports est une filiale du groupe qatari Al Jazeera. Oui ce même Qatar qui a racheté en 2011 le club de football du Paris Saint-Germain. Et c'est ce point qui contrarie le groupe français : selon Canal+, si d'aventures, BeIN Sports essayait de décrocher les droits de diffusion de la Ligue 1, il y aurait conflit d'intérêts, sous entendant ainsi que les deux entités - Al Jazeera et Qatar Investment Authority - seraient intimement liées l'une à l'autre. Un lien que nie bien évidemment les Qataris. La seule solution, selon Canal+, serait que les Qataris revendent le club parisien pour pouvoir prétendre à l'achat des droits télévisuels.

Et là débute la mauvaise foi de la chaîne privée française. En effet, du temps où elle était propriétaire du PSG, Canal+ pouvait déjà prétendre à l'acquisition des droits de diffusion des matches du championnat de France de football. Dans ce cas - et si jamais un lien est découvert entre les deux structures qataries - pourquoi BeIN Sports ne pourrait pas faire la même chose ? Y aurait-il "deux poids, deux mesures" ?

L'attaque du groupe Canal ne s'arrête pas là puisque le groupe a envoyé une note écrite au gouvernement pour réclamer un décret interdisant à tout propriétaire de club de prétendre à l'achat des droits de diffusion des matches [4]. Encore une preuve, s'il en est besoin, qu'une position monopolistique, quand elle est attaquée, cherche le renfort des autorités et de la loi afin de protéger sa position. Cette manœuvre a d'ailleurs été dénoncée par le président de la Ligue de Football Professionnel, Frédéric Thiriez : "il s'agit évidemment d'une nouvelle tentative de Canal+ destinée à étouffer la concurrence et faire ainsi baisser le montant des droits" [5]. En effet, en tant que seul diffuseur, Canal+ n'a plus à réitérer de surenchère comme à l'époque de son bras de fer avec TPS : la chaîne peut donc pratiquer le prix qu'elle veut, ce qui ne jouerait pas en la faveur des clubs pour qui les droits de diffusion sont une importante source de revenus. Dans une telle situation, les clubs ne pourraient plus prétendre attirer de grandes stars du ballon rond, ce qu'ils ont déjà des difficultés à faire [6]. L'intérêt qui pousse aujourd'hui les gens à s'abonner disparaîtrait alors. Et cela Canal+ l'a bien compris.

En attendant que le prochain appel d'offre pour la période 2016-2020 qui doit avoir lieu l'année prochaine, nul doute que Canal+ utilisera tous les moyens à sa disposition pour conserver ses abonnés. Réponse en 2015.

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[1] Que les fans du club me pardonnent.
[2] La Ligue de Football Professionnel (LFP), dirigée par Frédéric Thiriez, exigeait un ticket d'entrée de 435 millions d'euros. TPS ne put proposer à l'époque que 385 millions.
[3] Le chiffre d'affaires était à l'époque de 1.5 milliards d'euros.
[4] La note a été rendue publique par le journal Les Echos et est disponible à ce lien.
[5] Les propos de M. Thiriez ont été rapportés par BFMTV à ce lien.
[6] Et encore la France est bien loin de certains clubs européens.

La prévoyance norvégienne

On érige très souvent en modèle les pays scandinaves qui ont réussi à s'extraire d'une situation économique difficile dans les années 90 - Suède et Finlande notamment. Prenant conscience de la non-viabilité de leur modèle, ces pays ont entrepris un assainissement de leurs finances de manière à s'adapter aux nouveaux enjeux mondiaux.

Le troisième pays de la région, la Norvège, prouve encore à l'orée du chiffre publié ce matin que la politique du pays n'est pas fondé uniquement sur le présent. Au contraire du Venezuela qui depuis une quinzaine d'années a décidé de réinvestir tous les revenus pétroliers du pays dans la lutte contre la pauvreté [1], la Norvège a entrepris de faire fructifier ces mêmes revenus afin d'assurer la pérennité à long terme de son mode de vie.

Depuis les premiers forages pétroliers off-shore dans les années 60, le pétrole a assuré au pays un certain dynamisme économique. Prenant conscience que l'exploitation de ces ressources étaient limitées dans le temps, le pays décide de créer en 1990 un fonds spécial destiné à récupérer l'argent venant de l'exploitation du précieux or noir [2]. Résultat, près de vingt-cinq années plus tard, cette "caisse" nationale, gérée par la banque de Norvège, a atteint un encours de 5110 milliards de couronnes [3] soit 607 milliards d'euros [4]. Concrètement, cela fait de chaque Norvégien un millionnaire en couronnes. Et à en croire les experts, ce chiffre pourrait bien encore augmenter.

Mais à quoi sert cet argent ? On pourrait croire que ce fonds, rebaptisé en 2006 "Fonds de pension gouvernemental" sert à financer quelques dépenses sociales de type retraite. En réalité, il n'en est rien. Ici pas de dépenses somptueuses ni d'immeubles pharaoniques comme dans les pays du Golfe persique. Le fonds se contente d'investir l'argent dans diverses sociétés, en jouant la prudence [6].

Et le fonds de la France me demanderez-vous ? Il contient à l'heure actuelle 18.7 milliards d'euros. Bien loin de son homologue donc. Pourtant on se dit que la France, qui est assise sur les plus importantes réserves de gaz de schiste d'Europe, pourrait, elle aussi, s'inspirer de ce modèle norvégien et assurer le futur du pays tout en créant des emplois et donc des revenus supplémentaires. Malheureusement, la chape de plomb dogmatique, qui recouvre aujourd'hui le débat sur l'exploitation de cette ressource naturelle, nous empêche de rêver à un meilleur avenir économique. Comme le fait la Norvège.

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[1] Avec des résultats plus que contestables étant donné que le pays est aujourd'hui importateur de cette ressource fossile. Un comble.
[2] Tous les revenus issus de cette filière économique (impôts, permis d'exploitation,...) va directement dans ce fonds.
[3] La couronne norvégienne vaut aux alentours de 0.12 euros.
[4] Les chiffres proviennent du journal Le Figaro et sont disponibles à ce lien.
[5] Toujours selon Le Figaro, aucune participation supérieur à 5% n'est prise. De même, le fonds refuse d'investir dans l'industrie de l'armement ou du tabac.